Du Briançonnais à la haute Romanche en passant par le Champsaur, chaque recoin des Écrins recèle ses descentes fétiches. Voici une sélection (non exhaustive et adaptée à différents niveaux d’engagement) de ce qui se fait de mieux pour qui rêve de lignes esthétiques et de poudreuse intacte.
Le vallon du Diable, roi des couloirs
À l’extrémité sud du massif, le vallon du Diable (secteur La Bérarde, Vénéon) collectionne les couloirs nord parfois vertigineux. Parmi les plus célèbres :
- Couloir de la Rama : orientation nord, 700 m de descente à 40° de moyenne, réputé pour sa continuité et la beauté brute de la sauvage vallée du Vénéon.
- Couloir Davin (Ailefroide) : 1200 m de dénivelé, pentes parfois à 45°, itinéraire longtemps confidentiel, réservé aux skieurs et riders expérimentés à cause de son exposition et de la gestion du risque avalancheux.
La fréquentation reste faible en semaine. Comme souvent dans les Écrins, la descente récompense l’effort de la montée, sans aucun secours possible : préparation et autonomie sont indispensables (Skitour).
La Vallouise, le paradis du ski de pente raide
- Couloir de la Blanche (face nord ouest du Pelvoux) : 900 m à 45°, ambiance haute montagne. Le panorama sur le Dôme de Neige des Écrins et le vallon des Bans, au lever du soleil, impose silence et humilité.
- Épaule sud de la Pointe Puiseux : moins couru que le fameux couloir Coolidge, il offre un cocktail de neige poudreuse et de vues imprenables sur la Barre des Écrins (Camptocamp).
Un monde à part : La Meije et ses satellites
Pour beaucoup, la face nord de la Meije Orientale (et son célèbre couloir Piaget, 800 m à 45°) représente le graal — mariage d’engagement, d’esthétique et d’histoire alpine. Moins connues, mais tout aussi esthétiques :
- Couloir Gravelotte (face nord de la Meije) : longue, soutenue, sérieuse. Ici le temps semble suspendu ; croiser une cordée, c’est déjà un événement.
- Pente Est de l’Aiguille Dibona : moins technique, mais panorama à couper le souffle et ambiance dolomitique garantie.
Attention : ce territoire, sanctuaire du grand rapace et du gypaète barbu, mérite une extrême vigilance. Ne pas s’aventurer tôt au printemps (fragilité du manteau neigeux) ; il y a régulièrement des recherches du PGHM sur ces secteurs, preuve du niveau d’exigence (source : Le Dauphiné).
Champsaur et Valgaudemar : douceur et solitude
Le vallon du Gioberney en Valgaudemar, avec ses grandes pentes peu techniques, attire les amateurs de grandes courbes. Côtés Champsaur, la crête de la Lauzière ou les couloirs du Sirac (face nord) donnent la part belle à la poudreuse légère venue du nord, d’autant plus précieuse que les flux y sont plus froids que dans le reste du massif.
- La pente nord du Rougnoux (Champsaur) : 700 m à 35°, hiver extrêmement sauvage, souvent vierge même après les plus belles chutes de neige.
- Petits couloirs du Piolit : idéals pour s’initier à la pente raide sans pression.
Une carte (imparfaite) à explorer
- Carte IGN 3436 ET Les Écrins Meije Pelvoux : la référence pour repérer replis, orientations et accès. À toujours emporter, même avec les applis GPS. (IGN)