Échappées Blanches : Les cols d’exception pour le ski de randonnée dans les Hautes-Alpes

14 février 2026

L’âme des Hautes-Alpes : pourquoi les cols sont le graal des randonneurs à skis

La topographie extraordinaire des Hautes-Alpes offre un terrain de jeu de choix : plus de 180 cols sont recensés dans ce département, tous secteurs confondus (source : Les amis des cimes).

  • Dénivelés accessibles ou sportifs : Les cols s’adaptent à tous les niveaux, du débutant prudent au skieur chevronné avide de défis.
  • Immersion totale : Traverser un col, c’est souvent s’aventurer en terrain sauvage, loin des domaines balisés, au cœur d’espaces préservés.
  • Patrimoine naturel : Nombre de cols franchissent des Réserves Naturelles (Écrins, Queyras) ou effleurent des villages préservés.

Les cols sont aussi de véritables belvédères. Du haut, la récompense est toujours au rendez-vous : crêtes immaculées, horizons qui filent jusqu’aux sommets italiens, alpages figés dans la neige. Ils sont la promesse d’une aventure à la fois sportive et contemplative.

Les cols mythiques en ski de randonnée : sélections d’itinéraires incontournables

Col de la Lauze (3 512 m) – Parc national des Écrins

Un sommet emblématique, prisé par les aspirants à la barre des 3 500 m. Le départ se fait généralement depuis La Bérarde ou Saint-Christophe-en-Oisans côté Isère, mais l’itinéraire via La Grave s’adresse aux plus expérimentés uniquement. L’accès au col permet une traversée spectaculaire du glacier de la Girose.

  • Dénivelé : Entre 1 300 et 1 600 m selon le point de départ
  • Particularité : Passage glaciaire avec vue saisissante sur la Meije
  • Saison : Mars à mai

Conseil : Si la tentation est grande, ne pas oublier le matériel glaciaire et l’encordement. Les conseils des gardiens des refuges locaux restent précieux.

Source : Parc National des Écrins

Col du Chardonnet (2 632 m) – Massif des Cerces

Ce col figure parmi les fleurons du Briançonnais. L’accès, au départ du charmant hameau du Laus de Cervières, est d’un classicisme exemplaire : large vallée, pentes régulières, décor féérique et options de descentes variées. Les skieurs confirmés continuent parfois jusqu’à la Pointe des Marcelettes.

  • Dénivelé : 1 000 m environ
  • Particularité : Panorama exceptionnel sur les Écrins et le Viso
  • Saison : Janvier à avril

Source : Refuges.info

Col des Ayes (2 478 m) – Massif du Queyras

Ici, on découvre une ambiance plus douce, propice à l’initiation ou à la contemplation. Le col des Ayes, depuis Brunissard, alterne forêts de mélèzes et larges combes. Peu technique, il est particulièrement apprécié des familles ou des groupes aux niveaux variés.

  • Dénivelé : 800 m
  • Saison : Décembre à fin mars
  • Flore remarquable : Mélèzes, arolles, et traces régulières de lièvres variables !

Source : Queyras Montagne

Col de la Coupa (2 260 m) – Champsaur

Petit bijou sauvage, le col de la Coupa tutoie les crêtes du Champsaur, dans une atmosphère de bout du monde. Au départ du petit village du Pont du Fossé (oui, là où crépite mon poêle à bois !), la montée serpente entre clairières féériques et grands espaces vierges. C’est le royaume du ski-rando rural, loin de tout.

  • Dénivelé : environ 1 000 m
  • Point fort : Tranquillité absolue, serpents de poudreuse intacts
  • Évasion : Observation régulière de chamois sur les versants sud

Source : Champsaur Valgaudemar Tourisme

Col du Vallon (2 636 m) – Vallouise

A proximité de Pelvoux, ce col traverse un décor grandiose face à la Barre des Écrins et donne accès à l’une des descentes les plus sauvages de la région. Les conditions nivologiques demandent d’être attentif : le secteur peut être avalancheux (consulter impérativement le BRA de Météo France).

  • Dénivelé : 1 200 m environ
  • Itinéraire : Praticable jusqu’au mois de mai certaines années
  • Aventure : Possibilité d’enchaîner avec le col de la Pisse pour une boucle sportive

Bien choisir son col : critères objectifs et astuces de local

Le choix du col à gravir ne se fait pas au hasard. Quelques conseils pour conjuguer plaisir, sécurité et responsabilité :

  1. Saisonnalité
    • Janvier à mars : cols à faible altitude, risque d’avalanches plus marqué
    • Avril à mai : privilégiés pour les hautes altitudes, neige plus stable le matin
  2. Orientation
    • Nord : neige souvent meilleure, mais températures plus basses
    • Sud : idéal pour les sorties printanières, attention à la transfo rapide de la neige
  3. Fréquentation
    • Haute saison : préférer les cols moins courus, pour préserver la quiétude et les écosystèmes
    • Week-end : les classiques affichent vite complet, les dénivelés "secondaires" souvent déserts
  4. Météo et nivologie

Les bons gestes d’un ski de rando respectueux

  • Respecter la faune : Les hivers sont rudes pour les animaux : privilégier les traces existantes, éviter les pierriers exposés (gîtes à tétras-lyre, chamois).
  • Limiter son empreinte : Venir en covoiturage ou transports en commun quand c’est possible (train Grenoble – Gap, puis navettes locales).
  • Privilégier les hébergements locaux : Nombre de gîtes et refuges proposent des formules "skieurs" ; soutien à l’économie locale et immersion assurée.
  • S’équiper sobrement : Matériel d’occasion, réparation (ateliers solidaires à Embrun, Saint-Bonnet...) pour limiter la surconsommation.

Source : Respect Montagne

Col en solitaire, col en famille : suggestions pour tous les niveaux

  • Pour débuter (facile) : Le col des Ayes, col du Granon (Serre-Chevalier). Itinéraires larges, pas d'exposition, faible engagement.
  • Niveau intermédiaire : Col du Chardonnet, col de la Coupa. Pentes modérées, longueurs suffisantes pour se faire plaisir sans sortir de sa zone de confort.
  • Expert, avec encadrement : Col de la Lauze, Col du Vallon. Passage glaciaire ou itinéraire de haute montagne ; privilégier la sortie accompagnée pour une sécurité maximale.

Quelques moniteurs et guides du coin proposent des sorties à la carte. L’Association Nationale des Guides de Montagne (SNMG) recense les professionnels diplômés.

Focus sur le matériel essentiel

Pour aborder un col, le trio DVA-pelle-sonde est impératif. Le casque devient la norme dès que pente ou exposition se corsent. En haute montagne, crampons et piolet peuvent être nécessaires ; le baudrier est indispensable en secteur glaciaire.

  • DVA : Test pré-départ, piles neuves – 100 % sécurité
  • Carte IGN en version papier (Exemple 3436ET pour Écrins ou 3537OT pour Queyras)
  • GPS / Topo guide numérique : applications Geometry, Visorando ou Iphigénie

Source : Data Avalanche

Savourer les Hautes-Alpes : lodges et refuges au pied des cols

La magie d’un col, c’est aussi la redescente au chaud, la soupe partagée, la tarte aux myrtilles du refuge, la convivialité autour du poêle. Les refuges d’hiver accueillent les randonneurs dans leur authenticité brute :

  • Refuge Napoléon (col d'Izoard), refuge du Chardonnet, refuge de Buffère...
  • Hébergements de villages : Brunissard, Pont du Fossé, La Grave

Un moment d’échanges, de partages de traces et d’ambiances. Beaucoup de refuges restent ouverts en hors-saison (sources : Offices de tourisme locaux, Fédération Française des Clubs Alpins).

Oser l’expérience, cultiver le respect

Du col familial aux pentes engagées, les Hautes-Alpes n’ont pas fini de surprendre. Là-haut, chaque accalmie, chaque rafale, chaque horizon rappelle l’humilité et la beauté de la montagne hivernale. Partir à la rencontre des plus beaux cols exige de la préparation, un brin d’audace mais surtout un profond respect pour ce territoire vivant. Prendre soin de la montagne, c’est aussi l’assurance qu’au prochain hiver, les traces seront plus belles encore.

En savoir plus à ce sujet :