1. Du bourg à la fraîcheur des sous-bois
Dès les ruelles de Pont du Fossé quittées, le chemin serpente à flanc de montagne, croisant des jardins familiaux, puis plonge tout droit dans la forêt de mélèzes du Bois Vert. À l’aube, il n’est pas rare d’apercevoir chevreuils ou renards, signature discrète de la vie sauvage du Champsaur.
Les premiers kilomètres, sur piste roulante, permettent un échauffement en douceur, tout en gagnant de la hauteur au-dessus du Drac. Le silence est seulement ponctué du chant de l’eau et du craquement des branches dans la mousse.
2. Gravir le vallon de Champoléon, l’âme pastorale
Peu après avoir franchi le pont sur le Drac, la route forestière longe la vallée isolée de Champoléon, véritable “fin du monde” qui s’enfonce jusqu’au refuge du Tourond. Ici, la présence des troupeaux de brebis, les bergeries traditionnelles, et le ballet des rapaces signent un paysage façonné par l’agriculture de montagne.
Le balisage amène vers le hameau des Baumes, d’où s’ouvre l’itinéraire le plus sauvage : passage sur une ancienne draille (sentier de transhumance), puis montée technique (poussage possible sur 500 m, selon le niveau), avant un magnifique point de vue sur la vallée et les contreforts du Vieux Chaillol (3 163 m).
3. Entre prairies et crêtes : balcon d’Ancelle
Depuis Serre Eyraud – charmant village d’alpage – la trace chemine sur une série de crêtes panoramiques, passage obligé des jonquilles à la belle saison. Ce secteur “balcon” dévoile tout le cirque glaciaire du Champsaur et, au loin, le massif des Écrins.
La descente vers Ancelle se fait sur un singletrack joueur, alternant épingles ludiques et passages dans les hautes herbes, signature du patrimoine VTT local (source : Topo-guide VTT Hautes-Alpes, Altitude Rando 2021).
4. Par la route des villages et retour dans la vallée
À Ancelle, halte obligatoire auprès des producteurs locaux (miel de montagne, tourtons, fromages de chèvre), puis remontée progressive vers le col de Moissière. La descente sur Chabottes, par voie forestière, offre un panorama sans égal sur l’Obiou et la haute vallée du Drac Blanc.
De là, la boucle rejoint à nouveau Pont du Fossé, en alternant piste boisée et chemins agricoles, ponctués d’anciens moulins et de hameaux de pierre. L’atmosphère paisible contraste avec l’effort du relief : ici, le vélo redevient vecteur de lenteur et de contemplation.