Lumières d’hiver et cimes secrètes : six ascensions à ski incontournables dans le Dévoluy

13 février 2026

Dévoluy : un massif mythique et préservé au cœur des Alpes du Sud

Situé à cheval entre les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, le massif du Dévoluy s’étend sur près de 200 km² (source : Wikipedia Massif du Dévoluy). Célèbre pour son relief calcaire typique, parsemé de lapiaz et de crêtes acérées, il trône autour de la Joue du Loup, du Pic de Bure et du plateau de Bure, dominant la vallée du Drac. Beaucoup l’ignorent, mais son sommet le plus élevé, l’Obiou, culmine à 2 789 m. Le Dévoluy, c’est aussi une lumière incomparable, et des hivers neigeux qui font la joie des skieurs de randonnée.

  • Altitude moyenne : 2 000 m
  • Pic emblématique : Grand Ferrand (2 761 m), Obiou (2 789 m), Pic de Bure (2 709 m)
  • Période optimale pour le ski de randonnée : de décembre à avril, selon l’enneigement
  • Particularité : Massif calcaire, ambiances sauvages, pentes soutenues et très variées

Six ascensions à ski qui marquent l’âme dans le Dévoluy

Partir à l’assaut des cimes du Dévoluy, c’est s’offrir des panoramas à perte de vue, savourer la poudreuse des combes secrètes et, parfois, croiser la trace d’un lièvre variable ou d’un aigle royal. Sélectionnées pour leur beauté, leur intérêt panoramique et leur caractère, voici six ascensions emblématiques :

1. Le Pic de Bure (2 709 m) : l’incontournable cathédrale du Dévoluy

  • Dénivelé positif : environ 1 400 m depuis la station de SuperDévoluy
  • Niveau : Confirmé à expert
  • Temps estimé : 5 à 7 heures aller-retour

Le Pic de Bure n’est pas une simple montagne : c’est un géant trôné par le célèbre Plateau de Bure et son observatoire astronomique, dont les antennes donnent un air de science-fiction aux horizons enneigés. L’ascension à ski, que l’on aborde généralement par le Pas de la Cloche, offre une ambiance grandiose : entre forêts de pins à crochets, combes suspendues, et l’arrivée triomphale sur le plateau, on se sent minuscule face à l’immensité. Le panorama, du Vercors au Champsaur jusqu’au Mont Ventoux par temps clair, est vertigineux. Parfait pour ceux qui cherchent le silence et la majesté. Attention toutefois : par mauvaises conditions, le vent de Bure peut transformer l’ascension en véritable expédition polaire !

2. Le Grand Ferrand (2 761 m) : l’élégance du Dauphiné à l’état pur

  • Dénivelé positif : environ 1 400 à 1 600 m selon l’itinéraire (Le Châtelard, La Jarjatte)
  • Niveau : Confirmé à expert (pentes jusqu’à 40°)
  • Temps estimé : 6 à 8 heures

Deuxième plus haut sommet du Dévoluy, le Grand Ferrand, visible de loin avec sa pyramide élancée, incarne la haute montagne à l’état pur. L’ascension hivernale, traditionnellement depuis Le Châtelard ou La Jarjatte, réserve des passages techniques : couloirs exposés, croupes effilées, parfois corniches à négocier. Le sommet s’atteint au prix d’un bel effort, mais quelle récompense ! Depuis la croix sommitale, la vue s’ouvre sur le massif des Ecrins, les Grandes Rousses et le Trièves. Ici, l’engagement est de mise : se renseigner sur les conditions d’enneigement et de stabilité, et toujours partir équipé.

3. L’Obiou (2 789 m) : la légende vertigineuse

  • Dénivelé positif : de 1 400 à 1 700 m selon l’itinéraire (par le chaos de la Grande Couloir ou le col des Faïsses)
  • Niveau : Expert requis – passages exposés
  • Temps estimé : environ 7 à 9 heures

Plus haut sommet du Dévoluy, l’Obiou, "la dent du diable" pour les anciens, fascine par sa silhouette imposante et abruptement isolée. Son ascension à ski est réservée aux montagnards expérimentés, à cause des risques de chutes de pierres et de passages raides (jusqu’à 45°). En fin d’hiver, lorsque les conditions sont stables, la montée offre un mélange unique entre forêts mystérieuses, chaos rocheux et couloirs spectaculaires. Sur la crête sommitale, la frontière entre Dauphiné, Trièves et Champsaur s’efface sous la blancheur. Sur ces terres, la montagne parle encore un langage d’initiation.

4. Le Tête de la Cluse (2 068 m) : le belvédère familial

  • Dénivelé positif : 800 m depuis le col de Festre
  • Niveau : Intermédiaire
  • Temps estimé : 4 à 5 heures

Pour qui cherche une belle sortie accessible, sans difficulté technique ni engagement, la Tête de la Cluse est idéale. Depuis le col de Festre, la montée traverse forêts de mélèzes, pentes douces et vallons secrets. Par neige poudreuse, c’est un immense plaisir pour tous, des familles aux groupes d’amis découvrant la randonnée à ski. Le sommet offre un panorama complet sur tout le Dévoluy et sur la montagne d’Aurouze. Un itinéraire parfait pour ressentir l’âme ouverte du massif et, parfois, croiser la trace du lièvre variable dans la fraîcheur du matin.

5. La Rama (2 371 m) : escapade sauvage au cœur du Dévoluy

  • Dénivelé positif : 1 100 m depuis Saint-Disdier ou le col du Festre
  • Niveau : Intermédiaire à confirmé
  • Temps estimé : 5 à 6 heures

Moins connue que ses illustres voisins, la Rama offre une autre facette du Dévoluy, douce et intime. Depuis la vallée de Saint-Disdier, le parcours serpente entre clairières, crêtes et petits vallons à l’écart du tumulte. L’ambiance y est paisible, propice à la méditation, idéale pour qui veut respirer la lumière, loin de la foule. Sur la crête sommitale, la vue sur la chaîne du Faraut, les crêtes de la Jarjatte et les sommets du Trièves récompense largement l’effort.

6. Tête des Ormans (2 487 m) : l’esthétique d’une pente oubliée

  • Dénivelé positif : 1 200 m
  • Niveau : Confirmé
  • Temps estimé : 5 à 6 heures

Certains itinéraires restent dans l’ombre des géants, et pourtant… La Tête des Ormans, accessible depuis le hameau du col du Festre ou Rabou, déroule ses pentes esthétiques dans une ambiance souvent solitaire. On y découvre de vastes combes, parfois duveteuses de poudreuse, parfois sculptées par le vent. Au sommet, c’est un océan de cimes qui s’offre à vous, du Parc des Écrins jusqu’aux collines drômoises.

Conseils pratiques pour une ascension hivernale réussie dans le Dévoluy

  • Équipement essentiel : ski de randonnée, peaux de phoque, couteaux, DVA (Détecteur de Victime d’Avalanche), pelle, sonde. Privilégier le port du casque et l’usage d’un GPS ou d’une application fiable (IGN Rando, Skitour, Visorando).
  • Météo et avalanches : Toujours consulter le bulletin nivo-météorologique (Météo France Dévoluy) : le Dévoluy est un massif exposé aux vents et aux avalanches de plaque, notamment sur les crêtes et les pentes sud bien ensoleillées.
  • Respect de la faune : Rester discret aux abords des zones boisées : la faune (chamois, cerf, tétras lyre) lutte pour l’énergie en hiver. Éviter les dérangements prolongés (source : Parc National des Écrins).
  • Topos et infos pratiques : On trouve beaucoup d’itinéraires décrits dans le guide "Ski de randonnée dans le Dévoluy" (Yann Borgnet, Glénat), sur Skitour.fr ou Camptocamp.org.
  • Accompagnement : Les guides de haute montagne du Dévoluy (contact sur le site de l’Office de Tourisme) proposent des sorties adaptées à tous, du débutant à l’expert.

L’engagement responsable : préserver l’authenticité du Dévoluy

Au fil des années, le Dévoluy a su préserver une authentique harmonie entre l’homme et la montagne. Plus de 40% du massif est recouvert de forêts et d’espaces naturels protégés (source : Office National des Forêts). Les itinéraires à ski restent encore peu impactés par la fréquentation de masse.

  • Privilégier les déplacements doux : covoiturage, navette jusqu’à la Joue du Loup ou SuperDévoluy, train jusqu’à Veynes-Dévoluy et correspondances locales.
  • Respecter les zones de tranquillité : ne pas sortir des itinéraires balisés, éviter les forêts profondes en période de grand froid (sensibilité du tétras lyre).
  • Consommer local : hébergements labellisés "Accueil du Parc", fromages de fermes, miel, produits du terroir sur les marchés de Saint-Étienne-en-Dévoluy ou Agnières-en-Dévoluy.

Invitation à la contemplation et à la découverte

De la lumière rasante sur les crêtes du Grand Ferrand à la solitude glacée pourtant chaleureuse du Pic de Bure, chaque sortie à ski dans le Dévoluy fait grandir le voyageur. Ici, hiver rime avec authenticité, et chaque sommet invite à prendre le temps : laisser la montagne vivre, écouter le vent, rejoindre ces alpages qui, sous la neige, murmurent encore l’histoire des hommes et des bêtes.

Que la découverte des plus belles ascensions à ski du Dévoluy soit pour chacun une étape vers plus de respect, de gratitude, et de passion partagée pour ce massif d’exception.

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