Partir à l’assaut des cimes du Dévoluy, c’est s’offrir des panoramas à perte de vue, savourer la poudreuse des combes secrètes et, parfois, croiser la trace d’un lièvre variable ou d’un aigle royal. Sélectionnées pour leur beauté, leur intérêt panoramique et leur caractère, voici six ascensions emblématiques :
1. Le Pic de Bure (2 709 m) : l’incontournable cathédrale du Dévoluy
- Dénivelé positif : environ 1 400 m depuis la station de SuperDévoluy
- Niveau : Confirmé à expert
- Temps estimé : 5 à 7 heures aller-retour
Le Pic de Bure n’est pas une simple montagne : c’est un géant trôné par le célèbre Plateau de Bure et son observatoire astronomique, dont les antennes donnent un air de science-fiction aux horizons enneigés.
L’ascension à ski, que l’on aborde généralement par le Pas de la Cloche, offre une ambiance grandiose : entre forêts de pins à crochets, combes suspendues, et l’arrivée triomphale sur le plateau, on se sent minuscule face à l’immensité. Le panorama, du Vercors au Champsaur jusqu’au Mont Ventoux par temps clair, est vertigineux. Parfait pour ceux qui cherchent le silence et la majesté. Attention toutefois : par mauvaises conditions, le vent de Bure peut transformer l’ascension en véritable expédition polaire !
2. Le Grand Ferrand (2 761 m) : l’élégance du Dauphiné à l’état pur
- Dénivelé positif : environ 1 400 à 1 600 m selon l’itinéraire (Le Châtelard, La Jarjatte)
- Niveau : Confirmé à expert (pentes jusqu’à 40°)
- Temps estimé : 6 à 8 heures
Deuxième plus haut sommet du Dévoluy, le Grand Ferrand, visible de loin avec sa pyramide élancée, incarne la haute montagne à l’état pur. L’ascension hivernale, traditionnellement depuis Le Châtelard ou La Jarjatte, réserve des passages techniques : couloirs exposés, croupes effilées, parfois corniches à négocier. Le sommet s’atteint au prix d’un bel effort, mais quelle récompense ! Depuis la croix sommitale, la vue s’ouvre sur le massif des Ecrins, les Grandes Rousses et le Trièves. Ici, l’engagement est de mise : se renseigner sur les conditions d’enneigement et de stabilité, et toujours partir équipé.
3. L’Obiou (2 789 m) : la légende vertigineuse
- Dénivelé positif : de 1 400 à 1 700 m selon l’itinéraire (par le chaos de la Grande Couloir ou le col des Faïsses)
- Niveau : Expert requis – passages exposés
- Temps estimé : environ 7 à 9 heures
Plus haut sommet du Dévoluy, l’Obiou, "la dent du diable" pour les anciens, fascine par sa silhouette imposante et abruptement isolée. Son ascension à ski est réservée aux montagnards expérimentés, à cause des risques de chutes de pierres et de passages raides (jusqu’à 45°). En fin d’hiver, lorsque les conditions sont stables, la montée offre un mélange unique entre forêts mystérieuses, chaos rocheux et couloirs spectaculaires. Sur la crête sommitale, la frontière entre Dauphiné, Trièves et Champsaur s’efface sous la blancheur. Sur ces terres, la montagne parle encore un langage d’initiation.
4. Le Tête de la Cluse (2 068 m) : le belvédère familial
- Dénivelé positif : 800 m depuis le col de Festre
- Niveau : Intermédiaire
- Temps estimé : 4 à 5 heures
Pour qui cherche une belle sortie accessible, sans difficulté technique ni engagement, la Tête de la Cluse est idéale. Depuis le col de Festre, la montée traverse forêts de mélèzes, pentes douces et vallons secrets. Par neige poudreuse, c’est un immense plaisir pour tous, des familles aux groupes d’amis découvrant la randonnée à ski. Le sommet offre un panorama complet sur tout le Dévoluy et sur la montagne d’Aurouze. Un itinéraire parfait pour ressentir l’âme ouverte du massif et, parfois, croiser la trace du lièvre variable dans la fraîcheur du matin.
5. La Rama (2 371 m) : escapade sauvage au cœur du Dévoluy
- Dénivelé positif : 1 100 m depuis Saint-Disdier ou le col du Festre
- Niveau : Intermédiaire à confirmé
- Temps estimé : 5 à 6 heures
Moins connue que ses illustres voisins, la Rama offre une autre facette du Dévoluy, douce et intime. Depuis la vallée de Saint-Disdier, le parcours serpente entre clairières, crêtes et petits vallons à l’écart du tumulte. L’ambiance y est paisible, propice à la méditation, idéale pour qui veut respirer la lumière, loin de la foule. Sur la crête sommitale, la vue sur la chaîne du Faraut, les crêtes de la Jarjatte et les sommets du Trièves récompense largement l’effort.
6. Tête des Ormans (2 487 m) : l’esthétique d’une pente oubliée
- Dénivelé positif : 1 200 m
- Niveau : Confirmé
- Temps estimé : 5 à 6 heures
Certains itinéraires restent dans l’ombre des géants, et pourtant… La Tête des Ormans, accessible depuis le hameau du col du Festre ou Rabou, déroule ses pentes esthétiques dans une ambiance souvent solitaire. On y découvre de vastes combes, parfois duveteuses de poudreuse, parfois sculptées par le vent. Au sommet, c’est un océan de cimes qui s’offre à vous, du Parc des Écrins jusqu’aux collines drômoises.